Il est la révélation de l'Euro. A 21 ans, celui que personne ne connaissait avant la quinzaine en Suisse, a éclaboussé le championnat d'Europe de toute sa fougue et sa joie de jouer. L'ailier droit d'Ivry a ainsi parfaitement pris le relais de Grégory Anquetil, jeune retraité international, et s'est imposé comme un titulaire indiscutable au sein de la formation de Claude Onesta. Pas encore tout à fait conscient du chemin parcouru en si peu de temps, ni du titre européen des Bleus d'ailleurs, Abalo songe surtout à une chose: continuer de progresser.
Luc, vous venez de découvrir l'équipe de France et pour votre première grande compétition, vous devenez champion d'Europe. Que se passe-t-il en ce moment dans votre tête ?Je n'ai pas encore réalisé. Je suis super content, gagner dans mon sport, c'est quelque chose que j'ai toujours voulu même si je ne me suis jamais mis de pression. Ce qui arrive, j'ai l'impression de l'avoir déjà vécu en fait, mais en rêve... Je suis impressionné parce que les gens sont plein de bonheur. Je suis surpris car cela ne m'est pas familier. Je ne suis pas un fan de sport, je ne soutiens aucune équipe en particulier, donc je ne connais pas ce genre d'engouement. Ce que je vis dans le sport, c'est juste ce que je produis.
Vous avez découvert le très haut niveau lors de ce championnat d'Europe, quelles sont les différences avec le championnat de France ?La plus grande réside dans la qualité des gardiens de but. Là, c'est du très, très haut niveau. Je me suis d'ailleurs laissé surprendre en ratant des shoots en duel parce que j'y allais trop cool, je manquais de rythme. En revanche, face aux défenseurs, en un contre un, il n'y a pas de différence. En championnat, ça défend dur également.
Dans quel secteur devez-vous le plus progresser ?Je dois encore bosser ma finition à l'aile. Dimanche, après la finale, je me suis couché plus tôt que les autres parce que je pensais encore à mes échecs aux tirs. Je suis content là parce qu'on a gagné, mais si tel n'avait pas été le cas, j'aurais la sensation d'avoir fait perdre l'équipe. En défense, je dois me muscler car je suis léger. Je dois aussi plus avancer car face à un mec de 100 kilos qui arrive lancé, je m'envole ! Mais comme je défends à l'aile, ce n'est quand même pas comme si j'évoluais à l'arrière. Même si c'est le cas en club avec Ivry.
A 21 ans, vous êtes la révélation de cet Euro, avez-vous conscience que vous avez dû attirer l'½il de nombreux entraîneurs ?
Oui bien entendu, mais j'ai signé un contrat de 3 ans en faveur d'Ivry l'été dernier, et je compte bien respecter mon engagement. J'ai envie de rester ici car j'ai encore beaucoup de travail à accomplir. Je n'ai pas envie de m'engager avec un club plus huppé et ne pas pouvoir tenir le rythme. Je préfère continuer à travailler tranquillement pour ne surtout pas décevoir.
Une préférence tout de même pour un championnat étranger ?
L'Espagne sans hésitation. Pas forcément pour le niveau même si c'est le meilleur championnat au monde avec l'Allemagne. Mais c'est surtout que j'adore la vie là-bas. J'y vais tous les ans en vacances et c'est vraiment un pays qui m'attire.